Complexe cultuel antique d’Autricum (Chartres) : la fontaine monumentale et son plafond en bois
La réalisation de plusieurs opérations archéologiques entre 1995 et 2006, dans le quartier Saint-Brice situé au sud de la ville de Chartres, a permis d’identifier l’un des plus grands complexes cultuels de la Gaule romaine qui se développe sur une superficie de plus de onze hectares.
Depuis 2006, un programme de recherche est conduit sur ces vestiges d’exception par la Direction de l’archéologie de Chartres métropole avec le soutien du Ministère de la Culture.
Dans l’état actuel des connaissances, cet imposant lieu de culte s’articule autour de deux ensembles architecturaux édifiés en terrasses en direction de L’Eure. Un grand temple à quadriportique prend ainsi place dans la partie ouest. À l’est, c’est un long portique qui se déploie, rythmé par plusieurs édifices dont un possible temple dédié à Apollon, agrémenté d’une fontaine monumentale à 3 bassins. C’est à l’intérieur de cette dernière que plus de 2300 pièces constitutives d’un plafond en bois suspendu ont été retrouvées dans un état de conservation exceptionnelle. La seule comparaison qui soit connue à ce jour pour un même ouvrage de menuiserie se situe en Italie, à Herculanum, dans la maison au relief de Telephus.
À la lumière des deux derniers programmes triennaux de fouilles, cette communication se propose de présenter les différents édifices et aménagements qui constituent cet ensemble religieux remarquable du nord de la Gaule et de faire un point sur l’avancée de la recherche sur le plafond en bois.
Bruno Bazin est archéologue, responsable de la programmation scientifique au sein de la Direction de l’archéologie de Chartres métropole. Membre associé à l’UMR 8546, AOROC, ENS/CNRS, il s’est spécialisé sur l’architecture romaine, préférentiellement celle des monuments publics. Depuis 2006, il est en charge du programme de recherche sur le sanctuaire antique de Saint-Martin-au-Val et dirige des opérations préventives autour de cet ensemble cultuel. Il a également été expert auprès de la Commission Territoriale de la Recherche Archéologique Ouest (CTRA).